Mes Voyages, Thaïlande

Thaïlande : 5 anecdotes insolites depuis que je vis à Bangkok

Quand on s’installe dans un nouveau pays, on est parfois confronté à des situations improbables, et en Thaïlande, plusieurs aspects culturels m’ont frappée. Voici un florilège des situations insolites qui font partie de mon quotidien :

 

1/ Être souvent confronté à des malentendus

J’ai remarqué que les thaïs ne savent pas dire « non », ce qui pose quelques problèmes quand nos deux cultures essaient de communiquer ! De peur de vexer leur interlocuteur, les thaïs vont préférer dire « oui » ou hocher la tête pour éviter toute confrontation. Ils ont été éduqués de telle sorte à ne jamais contredire la personne en face d’eux, par signe de respect. En fait, c’est un trait culturel qu’on appelle le « kreng jai » et qu’retrouve dans la société thaïlandaise, avec le « jai yen« . J’en parle d’ailleurs ici.

Vous imaginez bien que c’est pas très très pratique quand votre interlocuteur dit « oui » à tout ce que vous dites et vous fait un grand sourire, même si au fond il ne comprend pas tout ou n’est pas d’accord avec vous. Ça m’a valu le coup de me trouver dans plusieurs situations improbables. Mais ça va maintenant, j’arrive à les anticiper 😏.

Une fois j’avais négocié un trajet en mini-van dans une agence local à Koh Lanta. Après moult discussions et négociations, on m’a assuré qu’on nous amènerait à Prachuap Kiri Khan. On monte dans le van, il roule 3 heures, puis nous dépose sauvagement à Surratthani. Là je me dis, bon c’est normal, ça fait partie du trajet, le conducteur fait une petite pause. Il n’en est rien puisqu’on finit par nous faire comprendre le trajet s’arrête là pour nous, et qu’on doit se débrouiller pour atteindre notre destination d’arrivée. Excepté qu’il nous restait encore 300 kilomètres… En gros, il fallait qu’on prenne taxi pour l’aéroport de Suratthani puis un bus local jusqu’à Hua Hin, puis un taxi jusqu’a Prachuap Kiri Khan. Rien à voir donc avec ce que la dame de l’agence m’avait dit :). S’il y a une leçon à retenir dans l’histoire : toujours s’attendre à des déconvenues. Même si on pose plein de questions pour s’assurer qu’on parle bien de la même chose, il n’y aucune garantie qu’on se soit compris. Mais ça fait partie du charme du pays ! Une fois qu’on le sait, on arrive à mieux gérer ce genre de situation. Et puis les imprévus, ça fait partie de la vie, non ?

2/ Les mauvaises surprises culinaires

En Thaïlande, on trouve souvent des desserts qui mélangent sucré et salé, avec des associations culinaires parfois… curieuses. Et audiacieuses, même ! Qui en France oserait associer lait de coco, sucre de palme et échalotes? Ou bien fruits et sauce de poisson sucrée-pimentée-salée? Vu que personne ne m’avait briefé en arrivant, la surprise était totale. C’est en achetant dans un stand de street food ces mini-pancakes à la crème de coco, les kanom krok, que je me suis rendu compte dès la première bouchée qu’on y a mis des échalotes. Ou c’est encore goûter à ce qui semble un délicieux dessert exotique enroulé dans une feuille de bananier et qui s’avère être du porc cru. C’est là où l’on se rend compte que les goûts et les manières de cuisiner selon les pays… ne se discutent pas :).

3/ Les conducteurs de taxis qui te demandent ton GPS

Quand je prends un taxi ou un moto-taxi, il m’arrive très souvent de tomber sur des conducteurs qui ne connaissent pas la route et qui, malgré le fait qu’ils ont le GPS de leur smartphone activé devant eux, me demandent d’activer le mien. Bon, moi encore, je vis ici et j’ai un forfait local. Mais je pense aux touristes qui n’ont pas internet sur leur smartphone, comment ils font eux ? Et si on n’a plus de batterie sur son tél ? Du coup, on se retrouve avec deux Google Maps activés et un conducteur qui semble perdu. Un non-sens pour moi!

4/ La curiosité insistante mais mignonne de mes collègues thaïlandais

Tous les midis, mes collègues scrutent ma lunch box et me demandent la même chose : « guine araï ? » (« qu’est-ce que tu manges ? »). C’est à chaque fois l’étonnement pour eux dès que je leur dévoile mon repas du jour. La dernière fois, j’avais fait une salade, un repas de la flemme quoi. Bien que j’ai mangé ça pendant une semaine, chaque midi ils s’étonnent de cette salade tomate-concombre si banale que j’ai préparée. Je pense qu’à leurs yeux, cette salade reflétait le summum de l’exotisme occidental. Et ça, c’est quand même poilant.

Non surtout, ce qui intrigue le plus mes collègues thaïlandais, c’est que je n’ai pas de riz à tous mes repas. Face à mon bol de riz absent et à l’abondance de légumes, l’une des mes collègues s’est exclamée, inquiète : « But where is your rice ? If you don’t eat rice, you will be weak and you’ll get sick ! ». C’est à ce moment là que j’ai constaté à tel point la culture du riz est importante ici, considéré comme l’aliment nutritionnel par excellence. Chaque midi, j’ai le droit à leur étonnement et à leur petit commentaire sur ma lunch box. Et chaque midi, je dois faire un petit pitch sur ce que je mange, comment je l’ai préparé, et pourquoi – encore – je n’ai pas de bol de riz.

5/ Les conversations limitées

Bon, ce n’est pas forcément la partie la plus drôle de mon expérience ici et je l’avais sous-estimée en partant. Il m’arrive, oui, de traverser des moments de solitude à l’occasion. À vrai dire, à des occasions bien particulières. Celles où mes collègues parlent thaï entre eux, à l’heure du déjeuner, quand on sort boire un verre, et… tout le temps où je suis au travail, en fait. Évidemment, je ne comprends pas encore bien le thaï, mais surtout, beaucoup ont un anglais approximatif. Ce qui limite nos conversations à des sujets aussi limités que : la bouffe, la bouffe, et… Ce que je j’ai fait le week-end aussi.

Je ne sais pas si c’est de la timidité, de la pudeur ou bien la peur de parler anglais ? Un peu des trois sûrement. Il y a une fois où j’ai demandé à un de mes collègues « ça fait combien de temps que tu travailles ici ? ». Et à celui-ci de me répondre « Oui ». Une autre fois encore, je m’adresse à une collègue à propos d’un projet « Qu’est-ce tu penses de telle stratégie ? » – « Oui ». Oui ? Mais en fait, c’était une question ouverte qui ne nécessitait ni de oui, ni de non… Bref, j’ai vite compris que communiquer allait être difficile avec certains d’entre eux. Dommage car ils sont sympas. Mais c’est frustrant à la longue. Du coup, il m’arrive de me parler toute seule, au moins je sais que j’aurais une réponse à la hauteur de mes attentes 🤣.

Je conclurais cet article en ajoutant qu’être expatrié dans un pays étranger ne se résume pas seulement à la nouveauté ou à l’effervescence de a découverte, mais c’est aussi passer par des moments de solitude. Eux aussi font partie intégrante de l’expatriation, et c’est ce qui fait la beauté de cette expérience ! Bien qu’on en parle moins souvent 🙂.

Et vous, quelles anecdotes avez-vous à partager sur la Thaïlande ?