Mes Voyages, Thaïlande

Mon stage à Bangkok

Parfois dans la vie, on a des envies de changement radical. Et puis on décide de partir seul, à 10,000 kilomètres de son pays. J’ai choisi de partir en Thaïlande, cette contrée qu’on surnomme “le pays du sourire”, et bien différente de ce que j’avais pu connaître jusqu’à présent !

Pourquoi j’ai décidé de faire un stage en Thaïlande ?

Après deux ans de bons et loyaux services, j’ai quitté la stressante ville parisienne pour aller m’installer en Thaïlande quelques temps. L’envie de sortir de ma zone de confort et d’être immergée dans un pays radicalement différent de que j’avais connu en France et au Royaume-Unie sont les raisons qui m’ont poussée à choisir ce pays. La culture bouddhiste m’intriguait aussi, alors je voulais voir tout cela de mes propres yeux.
Ça faisait deux ans que je faisais mes études sur Paris, j’avais envie de changer radicalement d’environnement. J’avais envie d’ailleurs, envie de bousculer mes repères.

Alors que je voyais la majorité des gens de mon école partir ici et là, en Europe, en Australie, en Amérique du Sud… Tandis que moi, je restais sur Paris pendant ce temps-là. La frustration s’est emparée de moi et j’ai sauté sur l’occasion pour partir en année de césure juste après. Il « suffisait » (oui, bon, la tâche ne s’est pas avérée si aisée) que je trouve un stage de six mois pour pouvoir partir avec l’accord de mon école.

Comment j’ai trouvé mon stage ?

J’ai d’abord demandé à des connaissances s’ils n’avaient pas des pistes, mais ça n’a rien donné. Décidément le piston, avec moi, ça ne marche pas ! Puis je me suis adressé à la Chambre de commerce franco-thaïe, mais là non plus, ça n’a rien donné. L’interlocutrice avec qui j’ai échangé par mail m’a clairement dit que ce serait très difficile de trouver un stage depuis la France, que convaincre une entreprise de me prendre serait compliqué. Sur ces paroles pleines d’espoir (insérer ici du sarcasme), j’ai continué ma quête, mon but en tête étant très clair : je voulais concrétiser ce projet d’expatriation à Bangkok.

Puis j’ai candidaté à une offre qui était sur le site de L’Etudiant, une start-up qui recherchait une personne pour développer leur boîte, j’ai passé un premier entretien de sélection mais pas le second. Je n’avais pas réussi à convaincre. Pourquoi ? Ils étaient sceptiques que je sois capable, moi, une fille toute seule, de me débrouiller dans une grande mégalopole asiatique. Je leur ai dit que ça ne me faisait pas peur, que je m’étais plutôt bien adaptée quand j’étais partie seule à Londres. Bref, cette offre m’est passée sous le nez. À ce moment là, j’étais encore en stage à Paris, et je prospectais en Thaïlande quand j’avais le temps après mes grosses journées, je re-travaillais mon CV et ma lettre de motivation.

Je regardais les offres sur les sites d’emplois locaux, mais c’était toujours la même chose : ils recherchaient soit des Thaïs (Monster.co., Jobsdb), soit des gens qui parlent couramment thaï… Cette dernière étant une langue qu’on a bien sûr tous apprise durant notre scolarité, n’est-ce pas.

Eurêka

Un week-end je me suis posée et je suis tombée sur cette agence de communication qui se décrivait comme multiculturelle, là je me suis dit : « bingo ! ». J’ai envoyé ma candidature en spontané. J’ai eu une réponde du directeur d’agence dans la journée, puis après quelques échanges mails à propos de mes motivations à venir chez eux, ils m’ont fait passer un entretien par Skype. J’étais prise. Bon, sous certaines conditions bien sûr : pas payée, pas logée, rien. Il avait peut-être peur que de se coltiner un stagiaire-boulet, juste bon à faire des photocopies et du café.

En tout cas, j’étais prête à faire ces concessions pour pouvoir partir à tout prix. Et puis c’est pas comme si la Thaïlande était aussi cher que Londres ou New York, alors le stage non-rémunéré est relativement plus acceptable :).

Le grand saut

Ni une ni deux, j’ai établi ma convention de stage avec mon école. Et hop ! Départ pour Bangkok 3 mois après (oui je précise que je m’y suis prise 3 mois en avance, il faut bien ça le temps de se prendre des vents, et tout ce qui va avec).

Je suis arrivée le week-end juste avant de commencer mon premier jour, le temps de trouver un logement et de faire mes repères dans cette grosse mégapole asiatique où je n’avais encore jamais mis les pieds. C’est ultra facile de trouver un logement à Bangkok, les prix sont de loin plus accessibles qu’à Paris. Et avec un standing bien meilleur – du type piscine et salle de sport inclus dans l’immeuble. Pas besoin non plus de fournir trente-six preuves qu’on peut payer le loyer. En une demie journée c’était bouclé.

Le fleuve Chao Phraya qui scinde Bangkok en deux

Comment s’est passée mon intégration ?

Premier jour de stage, j’avais la boule au ventre. J’allais me retrouver avec une équipe de thaïlandais(es) et un patron américain. Deux cultures auxquelles s’adapter, deux langages différents. Est-ce que ça allait être le même style de management qu’en France ? Comment est-ce qu’on considère les stagiaires ici – comme des employés à part entière, comme des assistants ou comme des gens sans compétences ? Au bout de la première semaine, j’ai très vite vu que l’agence marchait en mode start-up, c’est-à-dire qu’on me laissait prendre des initiatives, répondre à des appels d’offre, faire des recommandations stratégiques pour des clients… Et puis mes collègues m’ont mise à l’aise, toujours le sourire aux lèvres et prêts à aider ! J’avoue que sur point là (le sourire), ça change de la France.

En fait on m’a donné ma chance, et je pense que c’est ça le style de management à l’américaine. On ne tourne pas autour du pot, on fait ses preuves et point barre.

Sathorn road à l’heure de pointe… Y’a du monde !

Au final, je n’ai pas eu de vrai choc culturel comme on m’avait averti avant que je ne parte : « tu verras, c’est une culture hyper différente », « c’est horrible la ville là-bas, c’est pollué et c’est chaotique »… Personnellement je trouve Paris plus stressante et plus étouffante.

En fait, je m’attendais tellement à ce que l’adaptation soit difficile et à vivre des trucs horribles que j’ai tout super bien vécu. J’étais seulement un peu sonnée quand je suis arrivée pendant le premier mois. Je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait. Mon cerveau a mis du temps à réaliser que je vivais à présent à 10, 000 kilomètres loin de la France. Et que j’allais y rester pour un bout de temps.

Et finalement, je pense que c’est l’une des premières phases d’adaptation : ne pas réaliser que ça y est, on y est…